Chien qui a exploré son environnement pour répondre à ses besoins naturels

Les besoins du chien : comprendre ses besoins intrinsèques

Vivre avec un chien ne consiste pas seulement à lui donner à manger, à le sortir et à lui offrir de l’affection. Pour être réellement bien dans son quotidien, un chien a aussi besoin de pouvoir exprimer des comportements qui font partie de sa nature.

Explorer, sentir, se déplacer, mâcher, interagir, se reposer, apprendre ou encore faire certains choix sont autant de besoins qui participent à son équilibre.

On parle parfois de besoins intrinsèques du chien pour désigner ces besoins profondément liés à son espèce, à son fonctionnement et à sa manière d’être. Ils font partie de ce que l’on peut également appeler ses besoins fondamentaux ou ses besoins naturels.

Lorsque ces besoins sont suffisamment respectés, ils favorisent généralement un chien plus serein, plus disponible et mieux capable de s’adapter à son environnement. À l’inverse, lorsqu’ils sont régulièrement empêchés ou insuffisamment satisfaits, certaines difficultés peuvent apparaître : agitation, destructions, aboiements, frustration, excitation importante ou difficultés à se concentrer.

Comprendre les besoins du chien permet donc souvent de porter un autre regard sur certains comportements.

Qu’est-ce qu’un besoin intrinsèque chez le chien ?

Un besoin intrinsèque est un besoin qui vient du fonctionnement même du chien. Il ne s’agit pas simplement d’une activité que l’on décide de lui proposer, mais de comportements qu’il doit pouvoir exprimer à différents degrés pour maintenir un certain équilibre.

Tous les chiens ne ressentent cependant pas ces besoins avec la même intensité. L’âge, la race, l’histoire du chien, son tempérament, son état émotionnel ou encore son environnement influencent beaucoup leur expression.

Un jeune chien très curieux pourra avoir un fort besoin d’exploration. Un autre, plus sensible, pourra avoir besoin de davantage de calme et de temps de récupération. Certains chiens prennent énormément de plaisir à rechercher des odeurs, quand d’autres sont davantage attirés par la mastication, les interactions ou le mouvement.

L’objectif n’est donc pas d’appliquer une liste rigide de besoins identiques pour tous, mais de comprendre ce qui est réellement important pour le chien que l’on a devant soi.

Le besoin d’explorer et de sentir

Parmi les besoins du chien, l’exploration occupe une place importante. L’odorat lui permet de récolter une quantité considérable d’informations sur son environnement. Une odeur sur un poteau, une trace dans l’herbe ou le passage récent d’un autre animal peuvent représenter pour lui une véritable source d’informations.

Lorsqu’un chien s’arrête régulièrement pendant une promenade pour sentir, il ne perd pas son temps. Il explore. Pour nous, la balade peut parfois sembler lente. Pour lui, elle est au contraire très riche.

Laisser un chien renifler régulièrement contribue donc à satisfaire l’un de ses besoins naturels. Cela ne signifie pas qu’il faut le laisser s’arrêter partout ni lui permettre de décider de l’intégralité de la promenade. Il est tout à fait possible de lui apprendre à avancer lorsque cela est nécessaire.

Mais une sortie uniquement composée de marche rapide, en laisse courte, sans possibilité de s’arrêter ou d’explorer, peut être beaucoup moins enrichissante qu’elle n’en a l’air.

Le besoin de se déplacer librement

Le chien a également besoin de mouvement. Mais cela ne signifie pas qu’il doit forcément courir longtemps ou pratiquer une activité sportive intense.

Le besoin de déplacement comprend aussi le fait de marcher à son rythme, changer de direction, accélérer, ralentir ou s’éloigner légèrement pour observer quelque chose. La qualité du mouvement compte donc autant que la quantité.

Un chien qui marche longtemps mais reste constamment retenu sur une laisse très courte dispose finalement de peu de liberté dans ses déplacements.

Lorsque l’environnement le permet, la longe peut être un outil intéressant. Elle offre davantage d’espace au chien tout en maintenant la sécurité. Cela peut notamment être utile pour les chiens qui n’ont pas encore un rappel fiable ou pour certains chiens réactifs, à condition de rester attentif à l’environnement.

Permettre davantage de liberté contrôlée peut avoir un effet très positif sur la qualité des promenades.

Le besoin de mâcher et de mastiquer

La mastication fait également partie des besoins fondamentaux du chien. Elle est particulièrement visible chez le chiot, qui découvre énormément son environnement avec sa gueule, mais elle reste présente chez l’adulte.

Mâcher permet d’explorer des textures, de s’occuper et, chez de nombreux chiens, de retrouver un certain apaisement. Lorsqu’un chien ne dispose jamais de supports adaptés, il peut naturellement se tourner vers ce qui est à sa portée : chaussures, pieds de meubles, tissus ou objets divers.

Dans ce cas, interdire systématiquement sans proposer d’alternative ne répond pas réellement au besoin.

Il est généralement plus utile d’apprendre au chien ce qu’il peut mâcher et de lui proposer des objets adaptés à sa taille, à son âge et à sa manière de mastiquer.

Le besoin d’interactions sociales

Le chien est une espèce sociale. Il a généralement besoin d’interactions avec les humains et, selon les individus, avec d’autres chiens.

Mais un besoin social ne signifie pas qu’un chien doit rencontrer tous les congénères qu’il croise. Certains apprécient énormément les interactions avec d’autres chiens. D’autres préfèrent quelques relations connues et stables. Certains sont même mal à l’aise lorsqu’un chien inconnu vient directement au contact.

Une interaction sociale de qualité doit donc respecter l’individu.

Avec les humains également, la qualité compte davantage que la quantité. Partager une promenade, jouer, apprendre quelque chose ensemble ou simplement passer un moment calme à proximité peut nourrir cette relation.

Le chien n’a pas besoin d’être sollicité en permanence. En revanche, il a besoin de faire réellement partie de la vie de son foyer.

Le besoin de repos et de sommeil

Parmi les besoins du chien, le repos est probablement l’un des plus sous-estimés. Un chien adulte peut dormir ou somnoler une grande partie de la journée. Le chiot et le jeune chien ont souvent besoin d’encore davantage de sommeil.

Un chien qui manque de repos peut devenir plus irritable, plus excitable ou moins capable de gérer certaines situations. Cela peut parfois créer un cercle difficile à repérer.

Un chien paraît très agité, alors on cherche à le fatiguer davantage. On augmente les promenades, les jeux ou les exercices. Pourtant, s’il manque surtout de récupération, cette accumulation peut entretenir son excitation.

Il est donc important de lui laisser de véritables temps de repos. Son lieu de couchage doit idéalement lui permettre de dormir sans être constamment dérangé.

Cela est particulièrement important lorsqu’il y a des enfants dans la maison. Un chien installé dans son panier ou en train de dormir ne devrait pas être sollicité en permanence.

Le besoin d’activité mentale

Le chien ne se fatigue pas uniquement avec ses pattes. Chercher, réfléchir, résoudre un petit problème ou apprendre peut également lui apporter beaucoup.

Quelques minutes d’activité mentale bien choisie peuvent être très enrichissantes. Cela peut passer par des recherches de nourriture, des jeux olfactifs, l’apprentissage d’un nouveau comportement ou la découverte d’un environnement inhabituel.

Il n’est pas nécessaire d’acheter une multitude de jeux sophistiqués. Disperser quelques croquettes dans l’herbe, cacher de la nourriture dans une pièce ou apprendre au chien à retrouver un objet peut déjà constituer une activité intéressante.

Là encore, il faut garder un équilibre. Un chien n’a pas besoin d’être stimulé toute la journée. Il a aussi besoin d’apprendre à ne rien faire, à se poser et à récupérer.

Le besoin de faire des choix

C’est un aspect parfois oublié lorsque l’on parle des besoins intrinsèques du chien. Dans la vie quotidienne, nous décidons presque tout pour lui : l’heure des sorties, l’itinéraire, les rencontres, les repas, les moments où il doit avancer ou attendre.

Certaines contraintes sont évidemment indispensables. Mais il est possible de lui laisser régulièrement de petites marges de décision.

Pendant une promenade, on peut par exemple lui permettre de choisir entre deux directions, de prendre un peu plus de temps pour sentir une odeur ou de s’écarter d’une situation qui le met mal à l’aise.

Ces choix peuvent sembler minimes, mais ils ont une vraie valeur. Ils permettent au chien de ne pas être constamment dans l’exécution.

En éducation canine, cela a aussi du sens. L’objectif ne devrait pas toujours être de demander au chien d’obéir immédiatement, mais de l’aider à découvrir qu’il peut parfois faire lui-même un choix plus adapté.

C’est une manière de le guider plutôt que de simplement contrôler chacun de ses comportements.

Respecter les besoins du chien ne signifie pas tout lui permettre

Prendre en compte les besoins naturels du chien ne veut pas dire supprimer toutes les règles.

Un chien peut avoir besoin d’explorer sans pouvoir traverser une route librement. Il peut avoir besoin de mâcher sans pour autant avoir accès au canapé. Il peut avoir besoin d’interactions sociales sans aller saluer chaque chien qu’il aperçoit.

Les règles restent nécessaires. L’enjeu consiste plutôt à trouver un équilibre entre ce dont le chien a besoin et ce qui est compatible avec la vie quotidienne.

C’est là que l’éducation prend tout son sens. Il ne s’agit pas uniquement d’interdire un comportement, mais aussi de comprendre ce qui le provoque et, lorsque c’est possible, de proposer au chien une autre manière d’y répondre.

Tous les chiens n’ont pas les mêmes besoins

Il faut également éviter de transformer la notion de besoins du chien en nouvelle règle absolue. Deux chiens vivant dans la même maison peuvent avoir des besoins très différents.

La race peut influencer certains comportements, mais elle n’explique pas tout. L’âge, le tempérament, les expériences vécues et l’environnement jouent aussi un rôle important.

Un chien peut adorer rencontrer d’autres chiens lorsque son compagnon préfère les observer de loin. L’un pourra prendre beaucoup de plaisir lors d’une longue promenade tandis qu’un autre préférera une sortie plus courte, riche en odeurs et entrecoupée de pauses.

Observer son chien reste donc essentiel. La manière dont il se comporte après une activité donne souvent des informations intéressantes.

Un chien qui rentre plus calme, capable de se poser et de dormir a probablement vécu quelque chose qui lui convenait. À l’inverse, certaines activités peuvent augmenter fortement l’excitation sans réellement répondre à ses besoins.

Certains comportements peuvent révéler un besoin mal satisfait

Tous les problèmes de comportement ne s’expliquent évidemment pas par un besoin non satisfait. La peur, la douleur, une mauvaise expérience, un apprentissage ou encore l’environnement peuvent jouer un rôle important.

Mais lorsqu’un chien présente une difficulté, regarder ses conditions de vie est toujours utile. Peut-il suffisamment explorer ? A-t-il de vrais temps de repos ? Dispose-t-il de possibilités de mastication ? Ses promenades correspondent-elles à ce dont il a besoin ? A-t-il des interactions sociales adaptées ? Peut-il parfois prendre des initiatives ?

Ces questions peuvent apporter de nombreuses informations sur le contexte dans lequel un comportement apparaît.

Lorsqu’un chien devient réactif, agité, destructeur ou difficile à canaliser, chercher uniquement à faire disparaître ce que l’on voit n’est pas toujours suffisant.

Il faut aussi comprendre pourquoi ce comportement apparaît et ce qui peut l’entretenir. C’est cette compréhension qui permet ensuite de guider le chien vers une autre manière d’agir, plus confortable pour lui et plus facile à vivre au quotidien.

Faut-il toujours faire davantage d’activités avec son chien ?

Pas forcément. Lorsque l’on découvre la notion de besoins fondamentaux du chien, il est tentant de vouloir immédiatement ajouter des activités.

Plus de promenades, plus de jeux, plus de rencontres, plus d’exercices. Mais ce n’est pas toujours ce dont le chien a besoin.

Certains chiens manquent effectivement d’exploration ou de mouvement. D’autres ont surtout besoin de promenades plus tranquilles, de moins de stimulation ou de davantage de sommeil.

Un chien très excité n’est pas nécessairement un chien qui manque d’activité. Il peut aussi être un chien qui a du mal à redescendre émotionnellement.

Le bon équilibre ne se mesure donc pas uniquement au nombre de kilomètres parcourus ou à la durée des activités. La capacité du chien à retrouver du calme est tout aussi importante.

Comprendre les besoins de son chien pour mieux vivre ensemble

Respecter les besoins du chien ne demande pas forcément de bouleverser son quotidien. De petites adaptations peuvent déjà faire une vraie différence.

Laisser davantage de temps pour sentir pendant une promenade, proposer occasionnellement une activité de recherche, offrir un support de mastication adapté, protéger ses temps de sommeil ou lui laisser davantage de choix dans certaines situations sont autant de pistes simples.

L’essentiel reste d’observer le chien que l’on a devant soi. Ses besoins ne sont pas théoriques. Ils s’expriment dans sa façon de se déplacer, de chercher, de se reposer, d’interagir et de réagir à ce qui l’entoure.

Plus on apprend à les reconnaître, plus il devient possible de construire un quotidien qui lui correspond réellement.

À Longpré-les-Corps-Saints, près d’Abbeville et d’Amiens, j’accompagne les propriétaires qui souhaitent mieux comprendre leur chien, qu’il s’agisse d’éducation, de peur, de réactivité, de difficultés en promenade ou de comportements devenus compliqués au quotidien ou tout simplement épanouir la vie de leurs chiens.

Mieux comprendre les besoins de son chien est souvent une première étape importante pour pouvoir ensuite l’accompagner et le guider plus justement.

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